C’est bien connu la Principauté de Monaco est un tout petit état dont le territoire très côté sur le marché de l’immobilier ne fait que 2km2. Afin de soutenir son urbanisation, Monaco a récemment décidé de lancer un projet de construction pharaonique, consistant à étendre son territoire en mer pour y gagner un tout nouveau quartier de 6 hectares. Le Prince Albert étant très engagé dans la protection de la biodiversité marine, les travaux de remblais prévoient donc toute une partie visant à préserver (ou à franchement limiter l’endommagement) des fonds marins.

Poissons Mediterranee

Première Phase : déplacer les espèces sous-marines vers la réserve du Larvotto

Après la pause d’un écran de protection acoustique visant à diminuer les nuisances sonores pour les habitants des quartiers alentours, une équipe de plongeurs a été réquisitionnée pour le comptage des grandes nacres « Pinna Nobilis », et des « Herbiers de Posidonie ». Ces deux espèces de la faune et de la flore sous-marine ont ensuite méticuleusement été déplacées une par une à la main vers la réserve du Larvotto. De gros rochers colonisés par une algue nommée « Lithophyllum Byssoides » ont eux aussi été déplacés via des barges.

La reserve marine du Larvotto

La réserve du Larvotto se situe face au quartier du Larvotto, à quelques mètres seulement du bord de mer et de la seule plage aménagée pour la baignade de Monaco. Cette zone protégée fait le bonheur des snorklers qui viennent y admirer avec palmes, masques et tubas les nombreuses espèces méditerranéennes qui peuplent ses 14 hectares de fonds marins. On y trouve plus de 50 espèces de poissons incluant notamment des daurades, des barracudas, des sars et des mulets. La zone est également l’hôte de 14 espèces d’algues, de 33 espèces d’éponges et de 26 espèces de mollusques. La présence de plus de 350 grandes nacres Pinna Nobilis (dont une partie a été déplacée depuis le projet évoluant quelques centaines de mètres plus loin), témoigne de la qualité des fonds marins.

Limiter la pollution des fonds marins

L’utilisation d’une drague a ensuite permis d’aspirer 600.000m3 de sédiments au fond de l’eau et de les déplacer 200m plus loin. Cette étape risquant d’être polluante pour les fonds marins, les équipes ont installé un écran anti-turbidité permettant de réduire les remous, et ont dans la même optique fait l’usage d’un outillage spécifique permettant d’éviter que la vase ne s’échappe des bennes lors de son déplacement.

Monaco

L’achèvement total du projet de construction du terre-plein est prévu pour mi-2020. S’ensuivra une phase de projets de développements immobiliers plus habituels incluant la construction de logements, de commerces et le doublement de l’espace Grimaldi. L’ajout de ce terrain à la Principauté est pour le marché de la vente immobilière à Monaco, un réel nouveau souffle, ce que nous saluons ici ce sont les moyens et les efforts et de protection de la biodiversité marine, déployés autour de ce projet titanesque d’urbanisation.